Historique

Bien que les lettres patentes de l’association soient datées du 26 mars 1985, c’est le 28 septembre 1984, à Montréal, qu’une douzaine de journalistes se réunissent pour fonder l’AQCT. Auparavant, ce regroupement constituait la section québécoise de la Canadian Theatre Critics Association (CTCA). Vingt-quatre ans plus tard, l’AQCT est toujours fidèle aux objectifs qui l’ont vu naître : favoriser la communication entre critiques et chroniqueurs de théâtre, encourager la liberté d’expression au théâtre et dans l’exercice de la critique, aider le théâtre par une meilleure critique, susciter un plus grand intérêt du public envers le théâtre comme moyen d’expression nécessaire à la collectivité et, enfin, réaffirmer le droit des critiques de différer d’opinion avec leurs collègues. Entre 1985 et 2005, l’AQCT a connu cinq présidents : Martine Corrivault (1985-1986), Lorraine Camerlain (1986-1987), Michel Vaïs (1987-1994), Pierre Lavoie (1994-1995), Louise Vigeant (1996-1999) et Hervé Guay (1999-2006).

Vingt ans de récompenses
Au début, l’énergie est allée surtout à des remises de prix annuelles, une opération qui s’est longtemps appelée La Sainte-Fleur. En effet, depuis 1985, l’AQCT décerne ses Prix de la critique, en octobre de chaque année, aux spectacles jugés les meilleurs. Pour mémoire, mentionnons que la première année, soit pour la saison 1984-1985, le Prix de la meilleure production a été remis à l’équipe d’Albertine, en cinq temps, une pièce de Michel Tremblay mise en scène par André Brassard, une coproduction du Théâtre français du CNA et du Théâtre du Rideau Vert. Jusqu’en 1992, des galas sont organisés et des bourses sont remises aux artistes primés.

Depuis, les finalistes et les lauréats sont simplement proclamés par voie de communiqué. De 1997 à 2004, les Prix ont été remis uniquement à la meilleure production de Québec et de Montréal. Depuis 2005, les Prix sont attribués dans quatre catégories : Montréal, Québec, Jeunes publics et Théâtre anglophone. Il arrive également qu’un prix spécial soit remis. Parmi les récents lauréats, mentionnons Robert Gravel, à titre posthume, le cycle Motels de passage du Théâtre de Quat’Sous, le Théâtre des Fonds de tiroirs et la comédienne Céline Bonnier. Les finalistes des Prix de la critique sont désignés par le biais d’un vote des membres, alors que les spectacles gagnants sont désignés au terme d’une discussion souvent mouvementée.

Vingt ans d’engagement
Le 2 mai 1988, les membres de l’AQCT se dotent d’un code d’éthique en seize points et un préambule. Toujours en vigueur aujourd’hui, ce document, qui a même été adopté par l’Association espagnole des critiques de théâtre en 2004, définit l’éthique journalistique du critique. Ces règles d’or ont en quelque sorte balisé les différents aspects de la pratique. À l’ère de la convergence, de la vitesse et du tout cuit, à une époque où le discours marchand fait des ravages, et ce, même au théâtre, ces grands principes font plus que jamais office de credo.

Vingt ans d’échanges internationaux
Si l’AQCT est affiliée à l’Association internationale des critiques de théâtre (AICT) depuis sa fondation, elle y est particulièrement active depuis 1992. En 1994, Michel Vaïs obtient un siège au comité exécutif, où il est nommé trésorier général. En 1998, le Canada conserve un siège au comité exécutif et Michel Vaïs est élu secrétaire général par l’assemblée, poste qu’il occupe toujours. La participation directe aux travaux de l’AICT a encouragé plusieurs membres de l’AQCT à prendre part à des activités internationales. Au fil des ans, une trentaine de membres, jeunes ou chevronnés, ont eu la chance de s’inscrire à des stages, congrès, réunions du comité exécutif ou jurys.

L’AQCT a organisé des stages pour jeunes critiques lors du Festival de théâtre des Amériques (1997), du Carrefour international de théâtre de Québec (1998) et des Coups de théâtre (2005). En 2001, l’AICT tient son 20e congrès international à Montréal. Le thème choisi est « Franchir le mur des langues ». Il s’agit du premier congrès à se tenir en Amérique du Nord, au nord du Mexique (la préparation de l’événement se fait d’ailleurs en partenariat avec la CTCA et avec l’appui de l’American Theatre Critics Association). Grâce au travail d’un comité spécial constitué de membres de l’AQCT, un bulletin a été publié durant toute la durée de l’événement et plusieurs séances de critique en direct ont été tenues. Environ 80 critiques venus de 35 pays, dont certains sont représentés pour la première fois (Haïti, Jamaïque, Chine), assistent à la rencontre.

En plus de favoriser la venue au Québec de plusieurs critiques étrangers et l’invitation à l’étranger de nombreux critiques québécois, autrement dit de susciter des liens durables entre les professionnels d’ici et d’ailleurs, ces rencontres permettent le débat et la discussion, contribuent au rayonnement de la sphère théâtrale et aux échanges entre les nations. Elles démontrent que, outre son rôle d’analyste et de commentateur, le critique peut aussi être un dépisteur ou un ambassadeur. Plusieurs membres de l’AQCT, Michel Vaïs au premier chef, ont ainsi favorisé l’exportation de spectacles québécois et l’accueil, chez nous, d’artistes et de productions étrangères.

Vingt ans… encore
L’AQCT compte actuellement une quarantaine de membres. Ceux-ci proviennent de tous les champs de la pratique : quotidiens, médias électroniques, périodiques culturels, journaux communautaires ou autres. Francophones ou anglophones, ils vivent pour la plupart à Montréal ou à Québec, sont critiques à temps plein ou partiel, et sont, selon le cas, rémunérés ou non pour leur travail. Ils peuvent adhérer librement à l’AQCT dans la mesure où ils suivent depuis au moins un an l’activité théâtrale et en laissent des traces dans leur(s) média(s).

Le 14 novembre 2005, au Café de l’Usine C, on a célébré les vingt ans d’existence de l’AQCT. Pour l’occasion, Paul Lefebvre a prononcé une allocution et Josette Féral a dirigé une table ronde. On a également profité de l’événement pour lancer Franchir le mur des langues/Breaking the Language Barrier, les actes du 20e congrès de l’AICT, un ouvrage publié à Montréal, aux Éditions du Canal. Au cours des prochaines années, de nombreux projets animeront les membres de l’AQCT : améliorer la visibilité des Prix de la critique, accroître le nombre de membres anglophones, oeuvrant à la télévision ou exerçant leur métier hors des villes de Montréal et de Québec et… célébrer en grandes pompes vingt-cinq ans d’activité.

Christian Saint-Pierre
 
AQCT

 

 

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