Congrès de l'AICT à Montréal en 2001

Voici le rapport du comité organisateur du XXe Congrès de l’Association internationale des critiques de théâtre (AICT) qui a eu lieu à Montréal du 29 mai au 3 juin 2001, pendant le Festival de théâtre des Amériques (FTA). Ce congrès qui avait lieu pour la première fois en Amérique au nord de Mexico a connu un franc succès. Nous avons reçu un abondant courrier – postal et électronique – témoignant de l’enthousiasme et de la satisfaction des participants. Nous en sommes très heureux.

Nous avons accueilli quelque quatre-vingts congressistes et six artistes de trente-cinq pays. Ce qui en fait le congrès le plus important de l’histoire de l’AICT. Nous avons dû malheureusement renoncer à recevoir les délégations du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l’Iran et de l’Ukraine qui s’étaient inscrites au congrès, mais qui n’ont pu obtenir les visas d’entrée au Canada. Nos interventions auprès des autorités n’ont pas porté fruit.

Notre programme, construit autour du thème « Franchir le mur des langues », a donné lieu à d’intéressantes communications qui ont fait l’objet d’une publication aux Éditions du Canal (Montréal) en 2005. Soulignons que la demi-journée consacrée aux théâtres des Amériques a tout particulièrement semblé piquer la curiosité de tous. En plus, la séance de présentation des théâtres canadiens et québécois par Alvina Ruprecht, présidente de la Canadian Theatre Critics Association (CTCA), et de Hervé Guay, président de l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT), suivie d’une table ronde avec des auteurs et des metteurs en scène (Daniel Meilleur, Wajdi Mouawad, Brigitte Haentjens, Judith Thompson, Jacob Wren et Daniel David Moses) qui a assuré aux congressistes un contact direct avec des créateurs, nous a permis d’atteindre un des nos objectifs : mieux faire connaître la dramaturgie et la pratique théâtrale de chez nous.

Nous savons que des articles ont été écrits par les congressistes un peu partout. Au Québec, la couverture médiatique a été très bonne pour un événement de cette nature : Le Devoir a publié un extrait de la communication de Georges Banu quelques jours avant l’événement, rendant du coup publique la réflexion sur le thème du colloque; la télévision de Radio-Canada a montré des images du cocktail de bienvenue offert par le maire Pierre Bourque à l’Hôtel de Ville; de nombreux articles dans la presse écrite ont parlé du congrès; la radio publique de langue anglaise, CBC, a consacré une importante émission à l’événement; plusieurs journalistes étrangers ont été invités à participer à des émissions de radio. Bref, le congrès a connu une couverture médiatique des plus satisfaisantes.

Les retombées d’un tel événement peuvent être difficiles à évaluer. Toutefois, nous sommes persuadés que les contacts établis ou renouvelés entre collègues de partout dans le monde à l’occasion du Congrès de Montréal ne pourront qu’améliorer les rapports entre tous ceux qui s’occupent de théâtre sur la planète. Nous avons aussi eu le souci d’inscrire le congrès dans la communauté en engageant une attachée de presse et en faisant circuler l’information auprès des étudiants, des professeurs et des amateurs de théâtre qui pouvaient assister gratuitement au colloque qui se tenait à l’UQAM, au cœur du centre-ville. Nous avons obtenu l’appui financier de l’American Theatre Critics Association (ATCA) qui a ainsi pu s’associer à cette réalisation.

Un poste budgétaire visant à défrayer le coût des billets d’avion des délégués de pays moins fortunés nous a permis d’obtenir des représentants d’Haïti, de Jamaïque et de Cuba. Autrement, ils ne seraient pas venus au congrès. En retour, chacun d’entre eux a présenté une communication lors de la session dévolue au théâtre des Amériques. Nous avons également mis sur pied un comité d’activités d’échange qui a permis de faire participer un plus grand nombre de membres de l’AQCT à l’événement. Ce comité, composé principalement de jeunes, a proposé des activités parallèles qui ont fait en sorte d’assurer un meilleur rayonnement du congrès auprès du grand public. Ces activités ont aussi favorisé les échanges entre les membres de l’AQCT et les congressistes, en plus de transmettre des informations utiles.

Dans un premier temps, le comité a organisé trois séances de « critique en direct », deux en français, une en anglais, tenues tout de suite après certaines des représentations offertes dans le cadre du FTA. D’une durée de 45 minutes, ces séances avaient lieu sur la scène. L’on proposait aux spectateurs de rester pour une discussion sur le spectacle. Deux critiques étrangers et un critique national ont pris part à ces discussions animées par un critique montréalais. Tant les critiques que le public ont été ravis de la teneur de ces échanges qui ont notamment contribué à démystifier le métier de critique et à rapprocher la critique du public.

Le comité des activités d’échange a aussi produit durant toute la durée du colloque un bulletin distribué aux délégués qui contenait des informations sur le théâtre, le festival et la critique en général. Plusieurs membres et des étudiants ont participé à la rédaction de ces trois numéros. La coordination a été assurée par Marie-André Brault, jeune membre de l’AQCT. Là encore, la qualité était au rendez-vous et des informations pertinentes ont été transmises, agréablement, via ce bulletin. Toutes ces activités ont fait en sorte de démocratiser le congrès et d’en maximiser la portée auprès des membres du pays organisateur et du grand public. Les délégués ont ainsi pu bénéficier d’une meilleure connaissance du pays hôte.

Le voyage à Québec, qui comprenait un spectacle et des visites au Musée de la Civilisation et à la Caserne Dalhousie, a été bien reçu. Une réception offerte par le Carrefour international de théâtre de Québec et la Ville de Québec a été grandement appréciée. Tous ont été charmés par la ville. Le comité organisateur a eu l’idée de réunir des sociétés qui offrent des produits reliés au théâtre pour une exposition dans le hall de notre lieu de réunion. L’exposition a fait connaître les technologies scéniques du pays hôte aux délégués qui s’intéressent à la question et a contribué à recueillir des fonds nécessaires à la tenue du congrès. Pour ce qui est de l’information, le comité organisateur a aussi aménagé une table de vente d’ouvrages canadiens et québécois sur le théâtre (en anglais et en français). Plusieurs ont été contents d’y trouver des livres et des revues difficilement accessibles dans leur pays. Certains délégués ont même apporté leurs propres publications.

Hervé Guay
 
AQCT

 

 

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