Communiqué


Lauréats des prix de la critique // saison 2012-2013


Montréal, le 13 novembre 2013

Les lauréats des Prix de la critique remis par l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) pour la saison 2012-2013 dans 12 catégories sont…

Dans la catégorie « Montréal » :
LE ISHOW, de Sarah Berthiaume, Édith Patenaude et Gilles Poulin-Denis, dans une mise en scène de Maxime Carbonneau, Philippe Cyr et Laurence Dauphinais, une production des Petites Cellules Chaudes.
Les créateur de ce spectacle à la forme éclatée, qui tente de capter l’humanité à travers le filtre des interactions virtuelles, ont su épouser le langage web pour lui donner une incarnation théâtrale efficace. Se mettant eux-mêmes en scène, parfois même en danger, les acteurs exposent de manière fracassante le désespoir sexuel et la banalité de nos existences telles qu’elles se déploient en ligne, tout en arrivant à les transcender et à aménager des espaces d’espérance devant les possibilités du web social. Ce spectacle, porteur d’une réflexion fertile, ne quitte plus nos esprits.

Les autres finalistes étaient :
DES COUTEAUX DANS LES POULES, de David Harrower, traduit par Jérôme Hankins, dans une mise en scène de Catherine Vidal, une production du Groupe de la Veillée ;
CINQ VISAGES POUR CAMILLE BRUNELLE, de Guillaume Corbeil, dans une mise en scène de Claude Poissant, une production du Théâtre PÀP.

Dans la catégorie « Québec » :
TRAINSPOTTING, d’Irvin Welsh, traduit et adapté par Wajdi Mouawad, dans une mise en scène de Marie-Hélène Gendreau, une production du Collectif FIX.
Par-delà la dureté de son propos, le Trainspotting de Marie-Hélène Gendreau a su faire place à une fragilité poignante. Porté par des comédiens impétueux, le langage cru et indigent s’y est vu lesté d’une intense charge émotive, un cri qui n’a pas manqué de secouer son auditoire.

Les autres finalistes étaient :
TOUT CE QUI TOMBE, de Véronique Côté, dans une mise en scène de Frédéric Dubois, une coproduction du Théâtre des Fonds de Tiroirs et du Théâtre du Trident ;
LES CHAISES, d’Eugène Ionesco, dans une mise en scène de Bertrand Alain, une production du Théâtre de la Bordée.

Dans la catégorie « Mise en scène - Montréal » :
CATHERINE VIDAL, pour Des couteaux dans les poules, de David Harrower, traduit par Jérôme Hankins, une production du Groupe de la Veillée.
Pour donner vie à cette histoire sombre qui expose le caractère subversif du savoir dans une société désoeuvrée, Catherine Vidal a orchestré un théâtre total dans lequel chaque élément scénique était parfaitement maitrisé, de la spatialisation des corps jusqu’à l’utilisation inventive d’une petite quantité d’accessoires. Sa mise en scène proposait une suite inspirée de tableaux vivants, formant un sublime accompagnement poétique à l’écriture hachurée de David Harrower et l’inscrivant dans une temporalité particulière.

Les autres finalistes étaient :
MARIE BRASSARD, pour La fureur de ce que je pense, de Nelly Arcan, une production du Théâtre Espace Go ;
LOUIS-KARL TREMBLAY, pour Les Atrides, de Sophocle, Euripide, Sénèque et Eschyle, une production du Théâtre Point d’Orgue.

Dans la catégorie « Mise en scène - Québec » :
BERTRAND ALAIN, pour Les chaises, d’Eugène Ionesco, une production du Théâtre de la Bordée.
Dans ce spectacle, Bertrand Alain a su transposer magnifiquement la pièce d'Ionesco pour en offrir une relecture tout en mouvance. Dans l'univers créé par le metteur en scène tout concourt à faire apprécier cette oeuvre. Une direction d'acteurs habile, une scénographie simple et imaginative ainsi qu'un esprit magnifiquement absurde happent et emportent le spectateur. Une mise en scène qui nous a impressionnés par son efficacité et sa précision.

Les autres finalistes étaient :
PHILIPPE SAVARD, pour merZsonaTe, de Kurt Schwitters, une production du Club pour l'Amélioration de la Culture ;
FRÉDÉRIC DUBOIS, pour Tout ce qui tombe, de Véronique Côté, une coproduction du Théâtre des Fonds de Tiroirs et du Théâtre du Trident.

Dans la catégorie « Texte original - Montréal » :
CINQ VISAGES POUR CAMILLE BRUNELLE, de Guillaume Corbeil, publié chez Leméac et produit par le Théâtre PÀP.
Ce texte aborde des phénomènes incontournables de notre époque : la mise en scène de soi et la mise en relief de son extimité sur les réseaux sociaux, sans les confiner à la sphère web et en montrant bien leur inscription dans la nature profonde de l’humain. Pour cette raison, et pour la structure implacable de cette écriture postdramatique qui théâtralise le langage virtuel, la pièce de Guillaume Corbeil nous apparaît indéniablement comme un texte important de la dramaturgie québécoise récente.

Les autres finalistes étaient :
UN, de Mani Soleymanlou, publié à L’Instant Même et produit par la compagnie Orange Noyée ;
CHRISTINE, LA REINE-GARÇON, de Michel Marc Bouchard, publié chez Leméac et produit par le Théâtre du Nouveau Monde.

Dans la catégorie « Texte original - Québec » :
TOUT CE QUI TOMBE, de Véronique Côté, publié chez Leméac et coproduit par le Théâtre des Fonds de Tiroirs et le Théâtre du Trident.
Avec ce texte touffu et émouvant, dans un style à la fois incisif et poétique, Véronique Côté explore notre difficulté à nous engager et à persévérer dans nos engagements amoureux, notamment à travers le thème de la maternité. Le rythme est haletant, les scènes de vie se succèdent en tableaux brefs où les temps, les langages, les répliques, les segments de phrases rebondissent les uns contre les autres. Tout ce qui s'use tombe et Côté découpe au scalpel nos désenchantements. Ses mots tranchent à vif nos défaillances sans évacuer la tendresse et l'humour.

Les autres finalistes étaient :
CHARME, de Joëlle Bond, inédit et produit par la compagnie Le petit luxe ;
LE « K » BUSTER, de Raphaël Posadas, inédit et produit par le 7981 Théâtre.

Dans la catégorie « Jeunes publics » :
2h14, de David Paquet, dans une mise en scène de Claude Poissant, une production des Créations Ad Vitam.
Abordant un sujet difficile, les conséquences d’une fusillade en milieu scolaire, cette pièce de David Paquet évite tout moralisme et tout dogmatisme en ne tentant pas d’expliquer l’inexplicable. Explorant avec nuances et délicatesses l’onde de choc causée par le drame, le spectacle propose de parcourir l’âme adolescente avec beaucoup de respect, sans jamais la réduire aux clichés usuels. La mise en scène, physique et imagée, est portée par un souffle puissant.

Les autres finalistes étaient :
CLARA DANS LES BOIS, de Pier-Luc Lasalle, dans une mise en scène d’Hélène Blanchard, une production du Théâtre des Confettis ;
APPELS ENTRANTS ILLIMITÉS, de David Paquet, dans une mise en scène de Benoît Vermeulen, une production du Théâtre Le Clou.

Dans la catégorie « Hors Québec » :
CONTE D’AMOUR, d’Anders Carlsson, dans une mise en scène de Markus Öhrn, une coproduction des compagnies Institutet et Nya Rampen (Suède et Allemagne) présentée au Festival TransAmériques.
Ce spectacle dérangeant et hors-norme, qui a divisé la critique et les spectateurs, nous a plongés dans de profondes méditations, agissant autant sur le territoire moral que social. Tout en soulevant le tabou entourant l’inceste et la pédophilie, la pièce expose le patriarcat dans lequel sont toujours plongées les sociétés occidentales. Grâce à une double distanciation, par la vidéo et par un jeu d’acteur volontairement exagéré, la réflexion est portée à un niveau supérieur et ne s’appuie jamais sur le pathos ou sur la bienpensance. Un spectacle d’une rare intelligence.

Les autres finalistes étaient :
GOB SQUAD’S KITCHEN (YOU’VE NEVER HAD IT SO GOOD), de Johanna Freiburg, Sean Patten, Berit Stumpf, Sarah Thom, Bastian Trost et Simon Will, une production de la Gob Squad (Allemagne et Royaume-Uni) présentée au Complexe Méduse (à l’occasion du Mois Multi) et à l’Usine C ;
UN ENNEMI DU PEUPLE, d’Henrik Ibsen, adapté par Florian Borchmeyer, dans une mise en scène de Thomas Ostermeier, une production de la Schaubühne am Lehniner Platz (Allemagne) présentée au Festival TransAmériques et au Carrefour international de théâtre de Québec.

Dans la catégorie « Interprétation féminine — Montréal » :
JULIETTE PLUMECOCQ-MECH et MARIE-ARMELLE DEGUY, pour leurs rôles dans Quartett, de Heiner Müller, traduit par Jean Jourdheuil et Heinz Schwarzinger, dans une mise en scène de Florent Siaud, une production de la compagnie Les songes turbulents.
Jouant sur l’ambiguïté des genres, ces deux actrices exceptionnelles ont su rendre visibles différents états de corps, mettant en lumière le déchirement sexuel qui habite les personnages du Vicomte de Valmont et de la Marquise de Merteuil. Leur complicité apparente, mais surtout la circulation des énergies entre elles, leur constance et leur immense savoir-faire, ont grandement contribué à la réussite de spectacle impeccable.

Les autres finalistes étaient :
LOUISE MARLEAU, pour son rôle dans Jocaste reine, de Nancy Huston, dans une mise en scène de Lorraine Pintal, une coproduction du Théâtre du Nouveau Monde et du Théâtre de la Bordée ;
CÉLINE BONNIER, pour son rôle dans Christine, la reine-garçon, de Michel Marc Bouchard, dans une mise en scène de Serge Denoncourt, une production du Théâtre du Nouveau Monde.

Dans la catégorie « Interprétation masculine — Montréal » :
MANI SOLEYMANLOU, pour son rôle dans Un, de Mani Soleymanlou, dans une mise en scène de Mani Soleymanlou et Alice Ronfard, une production de la compagnie Orange Noyée.
En jouant son propre rôle, dans une urgence et une authenticité remarquables, Mani Soleymanlou a donné dans ce spectacle un nouveau relief à un genre, le solo autofictionnel, en l’appuyant sur une variété de tons et de rythmes. Jouant habilement de complicité avec son public, tout en n’hésitant pas à le confronter à l’occasion, il a convaincu de l’importance de sa quête, dans laquelle il a magnifiquement su impliquer le spectateur.

Les autres finalistes étaient :
RENAUD LACELLE-BOURDON, pour son rôle dans Robin et Marion, d’Étienne Lepage, dans une mise en scène de Catherine Vidal, une coproduction du Théâtre d’Aujourd’hui et du Théâtre I.N.K. ;
PATRICE DUBOIS, pour son rôle dans Bienveillance, de Fanny Britt, dans une mise en scène de Claude Poissant, une coproduction du Théâtre PÀP et des Productions À tour de rôle.

Dans la catégorie « Interprétation féminine — Québec » :
ALEXANDRINE WARREN, pour son rôle dans Hamlet, de William Shakespeare, traduit par Jean-Marc Dalpé, dans une mise en scène de Marie-Josée Bastien, une production du Théâtre de la Bordée.
Portée par un souffle singulier et lumineux, où le tragique épousait tout naturellement le poétique, Alexandrine Warren a fait de cette Ophélie maintes fois jouée un être d'exception. Une interprétation qui s'est métamorphosée en rencontre inoubliable.

Les autres finalistes étaient :
ANNE-MARIE CADIEUX, pour son rôle dans L’homme atlantique (et La maladie de la mort), de Marguerite Duras, dans une mise en scène de Christian Lapointe, une coproduction du Théâtre Péril, de Recto-Verso, du Théâtre français du Centre national des Arts et du Festival TransAmériques ;
NANCY BERNIER, pour son rôle dans Les chaises, d’Eugène Ionesco, dans une mise en scène de Bertrand Alain, une production du Théâtre de la Bordée.

Dans la catégorie « Interprétation masculine — Québec » :
LUCIEN RATIO, pour son rôle dans Trainspotting, d’Irvin Welsh, traduit et adapté par Wajdi Mouawad, dans une mise en scène de Marie-Hélène Gendreau, une production du Collectif FIX.
Le comédien s’est distingué dans sa composition originale et vivante de Feste. Par son interprétation singulière, il a renouvelé le personnage traditionnel du bouffon. Ses apparitions en « fou du roi », réjouissant chanteur et musicien, ont insufflé une dose d'humanité au spectacle. Le comédien, bien ancré dans son rôle ambigu d'observateur amuseur, a touché le public par la finesse de ses critiques sociales.

Les autres finalistes étaient :
JEAN-MICHEL DÉRY, pour son rôle dans Viande, de Maxime Robin, dans une mise en scène de l’auteur, une production de la compagnie La Vierge folle ;
RÉJEAN VALLÉE, pour son rôle dans Les chaises, d’Eugène Ionesco, dans une mise en scène de Bertrand Alain, une production du Théâtre de la Bordée.

Les Prix de la critique remis par l’AQCT
Les Prix de la critique sont remis annuellement depuis 1985, maintenant dans 12 catégories, par le biais d’un vote des membres de l’Association québécoise des critiques de théâtre suivi d’une discussion. L’AQCT compte une trentaine de membres oeuvrant dans une dizaine de médias à Montréal et à Québec.

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Source : Christian Saint-Pierre / président
Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT)
info@aqct.qc.ca

 

 
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